Jeudi 12 mai: D’une Abbaye à l’autre

Le ciel du 12 Mai 2017 fut clément, alternant passages nuageux et franc soleil. Après la sortie des entrailles de la carrière de la Maladrerie, là où fut extrait une partie de la « pierre de Caen », nous eûmes, momentanément, l’impression d’une bienfaisante bouffée de chaleur, sèche.

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                Deux exemples de l’utilisation de cette fameuse pierre s’offrirent à nos regards. L’un au pied et sur les remparts du vaste château de Caen, l’autre dans l’ouest lointain de la ville, avec  la belle silhouette blanche de l’Abbaye -aux-Hommes.

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                En cheminant par la rue Saint-Étienne on finit par aboutir sur sa magnifique esplanade. L’Abbaye-aux-Hommes, à l’instar de l’Abbaye Saint-Ouen à Rouen, abrite l’hôtel-de-ville avec un peu le même ordonnancement des anciens bâtiments bénédictins et de leur Abbatiale qui les jouxte : Saint Étienne à Caen, Saint-Ouen à Rouen. Mais dans le détail tout est différent. On aborde, en fait, l’Abbaye-aux-Hommes par l’arrière en traversant un bel écran de verdure, son esplanade ; à Rouen, il faut franchir l’entrée principale pour découvrir, à l’arrière, les  anciens  jardins de l’Abbaye ; point de devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » au fronton ; puis toujours à Caen on retrouve l’absolue intégralité des salles monacales du XVIIIème siècle : le chapitre, la sacristie, le parloir, le réfectoire tout habillé de bois. Actuellement dans ces lieux se célèbrent les mariages et s’organisent les réceptions. Dans le spacieux  et magnifique cloître on imagine facilement les jeunes mariés du XXIème siècle devant les photographes, là où les antiques moines faisaient, autrefois, leurs saintes déambulations. Au niveau du parloir on trouve encore un efficace « tableau des offices » du XVIIème avec son horloge et en-dessous les différentes activités où les moines pouvaient inclure leur affectation de la semaine.
                Il faut ressortir des bâtiments conventuels pour s’introduire dans la magnifique Abbatiale appelée, ici, l’église Saint-Étienne. Elle fut construite en quatorze ans sous Guillaume le conquérant. Sa création et l’ensemble de l’Abbaye devait racheter, vis-à-vis du pape, la faute commise par Guillaume qui avait épousé la toute belle Mathilde de Flandres, sa lointaine cousine. A l’inverse de l’Abbatiale Saint-Ouen de Rouen où se donnent des concerts d’orgue, ici, se disent toujours des grands-messes, tout contre le tombeau de Guillaume. Il avait choisi d’être enterré, ici , dans cette Normandie au ras des flots et riante, plutôt que dans la vallée de Seine creusée dans le rude plateau venté du pays-de-Caux. Détail macabre, la tombe de Guillaume fut plusieurs fois profanée et il ne reste qu’une seule relique dans la fraîcheur du tombeau.

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    A Caen, on célèbre facilement le prestigieux Guillaume le Conquérant, VIIème Duc de Normandie, alors qu’à Rouen c’est Rollon, le Viking fondateur qu’on croise dans les jardins de l’hôtel-de-ville… Malgré tout, de Rouen à Caen n’a régné qu’une seule et même dynastie, celle des redoutables Ducs de Normandie, pour une seule et même belle région, la Normandie, si riche de ses paysages verdoyants, divers et complémentaires…
   

                                                                                                               Alexandre Hervé.

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